Quand la vision bloque l’action : comment redonner de l’élan à ce qui compte vraiment ?
« La vision sans action n’est qu’un rêve. L’action sans vision est un cauchemar. » – – Proverbe japonais
On pense que le plus difficile, c’est d’avoir une vision.
Mais dans les faits, ce qui bloque souvent, ce n’est pas le cap.
C’est ce qui se passe après.
Les mots sont là. Le sens aussi. Parfois même un document partagé, un atelier sincère, une ambition posée.
Et pourtant… rien ne suit.
Le collectif reste figé. Les décisions patinent. L’énergie retombe.
Est-ce un manque d’engagement ? De moyens ? De méthode ?
Souvent, c’est plus simple — et plus difficile à la fois :
Il manque des repères pour passer de la vision à l’action.
Une vision partagée… et pourtant, rien ne suit.


Je voulais faire autrement.
Mais je me suis retrouvé seul.
Fin 2023, je rejoins un réseau qui promeut la mobilité intelligente depuis 50 ans.
À l’assemblée générale de juin 2024, le président évoque une nouvelle étape stratégique.
Des freins sont identifiés : manque de temps, difficulté à mobiliser, partenariats peu lisibles.
Alors je propose un atelier collectif.
→ Objectif : poser une raison d’être à impacts positifs, claire, ancrée, utile.
→ Résultat attendu : une nouvelle dynamique partagée pour faire avancer ce qui compte.
La proposition est adoptée.
L’atelier a lieu avec des membres engagés.
Ensemble, on pose : une mission, un rôle, une vision, une ambition.
Un cap fort. Sincère. Aligné.
Mais neuf mois plus tard…
Rien n’a suivi.
Pas de groupe de travail.
Pas de suite opérationnelle.
Juste un plan stratégique “classique”, structuré en 6 axes techniques.
Sans trace de ce qui avait été construit ensemble.
Je ne jette la pierre à personne.
Mais je me suis retrouvé avec cette question :
À quoi bon porter une vision si elle ne produit aucun mouvement ?
Quand la critique devient levier de compréhension collective
Ce type de situation — une vision claire, partagée, mais qui ne produit aucun effet durable — m’a été renvoyée de manière très directe dans un autre contexte de collaboration.
Un contributeur actif du groupe m’a partagé un retour aussi sincère que dérangeant. Il ne visait personne, mais je m’y suis reconnu :
« Je croyais bien faire. J’étais enthousiaste, impliqué, convaincu de la démarche. Mais avec le recul, je vois que j’ai sans doute projeté trop de structure, trop de méthode. Et pas assez écouté les retours, les signaux faibles. Résultat : la dynamique s’est figée. »
Ce retour m’a bousculé. Puis il m’a éclairé.
Car il m’a permis d’interroger — au-delà des intentions — ce qui freine vraiment une dynamique collective :
– Individuellement : une posture trop pleine, une volonté de bien faire qui prend toute la place.
– Collectivement : un groupe qui hésite à dire ce qu’il pense, qui se met en retrait.
– Structurellement : des contraintes invisibles (temps, énergie, confiance) qui rendent toute méthode inopérante.
C’est ce que la fenêtre de Johari illustre bien : il existe des angles morts que seul le regard des autres peut révéler — à condition qu’on accepte de l’entendre.
Ce retour-là n’était pas une attaque. C’était une opportunité.
Un appel à ralentir, à écouter, à remettre de la relation là où il y avait trop de projection.
Et à redonner toute leur place aux conditions de l’adhésion, pas seulement à la clarté de l’intention.
Est-ce l’indicateur… ou l’absence de repères… qui empêche d’avancer ?


Lors de l’atelier, l’envie était là.
La sincérité aussi.
Mais dès qu’il s’est agi de donner suite, de nommer des indicateurs, de poser des repères…
Tout s’est figé.
Et ce n’est pas un cas isolé.
Dans beaucoup de collectifs engagés, la mesure est vue comme un piège.
On redoute les “KPI”, la bureaucratie, le pilotage froid.
👉 Mais à force de rejeter les indicateurs, on finit parfois par rejeter tout cadre.
👉 Et sans repères partagés… on ne peut pas transformer une vision en impact réel.
Je l’ai vu souvent.
Un élan collectif naît, une ambition forte est posée.
Mais rien ne change. Parce que rien n’est nommé. Rien n’est suivi.
Et sans rythme, sans cadre, l’énergie retombe.
💬 Comme me le disait un dirigeant récemment :
“On a voulu laisser la place à l’humain… mais on s’est perdu dans le flou.”
Le problème n’est pas l’indicateur.
Le problème, c’est l’indicateur mal choisi, mal compris, mal utilisé.
👉 Le PIB, par exemple, n’est pas “bête” en soi.
Il a été conçu pour un projet de société linéaire, productiviste, consumériste.
Mais l’utiliser encore aujourd’hui, sans questionner ce qu’on veut vraiment piloter…
C’est là que réside le vrai danger.
Ce qu’un bon cadre permet : 4 repères utiles pour avancer ensemble


60 à 90 % des stratégies ne sont jamais mises en œuvre, faute d’exécution alignée. – (Source : Harvard Business Review – “4 common reasons strategies fail”, juin 2022)
J’ai compris qu’un cadre simple, choisi, partagé, pouvait justement éviter la dilution.
Pas une usine à gaz.
Pas un tableau de bord rigide.
Mais quatre repères concrets, utiles, activables chaque trimestre.
Les 4 questions de l’impact :
1 . À quels besoins répondons-nous ? (Sociétal)
2. Qu’est-ce qui nous a donné du sens ? (Humain)
3. Quelles décisions ont produit un effet ? (Opérationnel)
4. Comment avons-nous mobilisé nos ressources ? (Économique / Environnemental)
C’est un outil simple, que j’ai mis en place dans plusieurs structures :
– réseaux,
– Entreprises,
– Associations,
– Collectivités.
Chaque fois, les retours sont les mêmes :
– “On a enfin un langage commun.”
– “On sait quoi prioriser.”
– “On avance sans perdre de vue ce qui compte.”
Ce n’est pas un outil de reporting.
C’est un levier d’alignement collectif.
Un point d’ancrage pour décider sans se perdre.
Et vous, quel cap voulez-vous rendre vivant ?


Je me souviens d’un dirigeant à la fin d’un diagnostic :
« C’est la première fois que je vois clair dans ce qu’on porte… et dans ce qu’on veut vraiment faire avancer. »
Il n’avait pas besoin d’un plan stratégique à 5 ans.
Il avait besoin de repères utiles, là où il en était aujourd’hui.
De quoi aligner son équipe, prioriser, dire non sans culpabiliser.
C’est ça, rendre une vision vivante.
Ce n’est pas la graver dans le marbre.
C’est lui permettre de respirer dans le quotidien.
C’est lui donner un corps, une voix, un rythme.
Une vision ne devient impactante que si elle est traduite, partagée, incarnée.
Pas en grand discours, mais en petites décisions quotidiennes alignées.
Ce que j’observe dans mes accompagnements :
– ce ne sont pas les objectifs qui manquent,
– ce sont les repères pour décider avec justesse.
– Pas “plus de stratégie”, mais une stratégie qui parle à tous.
Et souvent, il suffit de quatre cadrans simples, ancrés dans le réel, pour que le collectif se remette à avancer ensemble.
Votre vision mérite mieux qu’un document figé.
Elle mérite de circuler, de guider, d’unir.
Elle mérite de devenir une boussole vivante.
Et ça commence souvent par une simple question :
Qu’est-ce que vous voulez vraiment faire progresser cette année ?
Et si vous faisiez le point, maintenant ?
Vous avez posé une vision forte, sincère, engageante.
Mais vous sentez que ça ne prend pas ?
Que l’action ne suit pas ?
Que personne n’ose dire “on va où” ?
Prenons 30 minutes ensemble, sans pression.
Pour écouter. Explorer.
Et poser ensemble vos 4 repères d’impact utiles.

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